Catégorie: Création
Storm
Novembre 14th, 2006Qu'il vienne, qu'il vienne, non, je ne céderai pas. Mon coeur lourd ne lui est pas destiné, je ravale mes pleurs et mes lamentations. Il n'aura pas raison, mon existence est faite pour la lumière. Je trouverai le chemin et un jour, je serai homme. Je n'ai qu'un seul genou à terre, tu ne me feras pas baisser le second. Le second est l'emblème de mon espoir, celui qui battera les vents lorsque je crierai au ciel que je suis fier. Je ne marche pas droit, je n'ai pas le regard solide, mon dos se courbe, mon coeur trop souvent se tourne vers l'arrière et mes pensées vers la fuite, mais mon corps, mon esprit est mien et j'en ferai un empire où la lumière sera reine. Faiblesse, toi qui parcours mes veines, toi qui me foudroies maintenant et naguère, faiblesse, je t'aime, tu es à moi. N'aie pas peur. Je t'embrasse aujourd'hui, un jour je pleurerai sur ta tombe et à ta résurrection je m'agenouillerai pour retrouver la terre qui fera de moi un d'hier et à jamais. Vous, les chemins que je ne sais pas emprunter, ne m'attendez pas, je trouverai le suivant.
Dublin, Trinity College Library, April 2005.
La ballade de Lili Lockwood
Novembre 14th, 2006A bout de souffle,
Un vélo dans une main,
Une main dans les courants d'air,
A bout de course,
Je suis en retard, toujours en retard.
Lili n'attend pas, elle est sur la route.
De New-York au Japon,
Chacun son chemin, elle a son avenue.
Sur le trottoir, case noire, case blanche,
et les doigts eux jamais à bout de course.
La mélodie continue, chanson d'une vie.
Assis sur un rebord, il chante le blues de dos,
De face en sol, de noir en blanc,
il chante les images en musique et les notes de papier,
Toute en couleurs, Lili,
Tu es la mélodie de cette ballade,
La ballade de Lili Lockwood.
Si vous voyez Lili, dites-lui, mes amis,
C'est toujours un beau moment,
Faire ce petit voyage en ta compagnie, Lili.
Dublin, Samedi 26 février 2005, trop tard, 8h30.
W komponiert pour son anniversaire.
Fou
Novembre 14th, 2006Je le sens, il est si proche. J'en souris presque, et pourtant, mes yeux hagards le cherchent autour de moi, dès que la musique commence. Il se répand dans mes veines, mes narines dilatées aspirent l'air ambiant, comme pour attiser le feu qui s'empare de moi. A cet état, il n'y a que deux issues. Le plus souvent, je me perds dans les limbes du monde de mon imagination, laissant apparaître ces ailes blanches que ceux qui me regardent ne peuvent voir. Je deviens alors cet autre, celui qui vibre à la moindre de mes visions, celui qui danse dans ma tête. Je deviens fou, j'essaie péniblement de réprimer les gestes qui trahiraient cette absence de raison, ils ne comprendraient pas. Peut-être, elle comprendrait. Celle que je pourrais alors embrasser et emmener danser, celle qui n'aurait pas peur d'affronter ce qui fait trembler mes mains, cette folie noire qui me jette violemment hors de la réalité. Alors, mon imagination serait libérée, je n'aurais plus à réprimer ce cri qui me rend sourd, celui qui hurle dans ma tête, cette voix qui me hurle de danser, de ne pas m'arrêter, de ne plus regarder les autres, de brûler vif. Je pourrais alors danser enfin, danser et vivre, danser et mourir mes veines en feu. Laissez-moi vivre, vous ne comprenez pas, je ne suis plus là, vous ne pouvez rien pour moi. Je ne marche pas, je vole, vous ne pouvez pas comprendre. Je suis le dragon, le guerrier, le créateur, le destructeur. Je suis le vent, le feu. Un jour, je danserai et vous ne pourrez pas m'arrêter, je serai le temps, seul, brûlé par cette musique qui enflamme mes veines. Je sens mon coeur battre la chamade, mon corps à peine supporte l'extase qui en a pris possession. Quelque part, quelque chose se répand à toute vitesse dans mon sang et le fait bouillir. Pourquoi ne suis-je qu'un homme, pourquoi me promettre tant de puissance, me faire goûter à ce nectar divin et m'en dénier les pouvoirs. On dit que le mot bouge les montagnes, et moi je suis esclave de la musique, mais esclave consentant, car qui a eu maîtresse plus douce. Depuis la nuit des temps, ceux qui l’ont servi ont été « fous » aux yeux de ceux qui ne pouvaient pas comprendre. Je veux rester fou, je veux vivre de ma folie, je veux être fou, fou d’elle, je veux qu’elle danse pour moi, je veux danser avec elle, sentir son parfum sulfureux embraser celui qui court dans mon corps, je veux l’aimer, l’effleurer, la soulever, l’embrasser. Alors, je serai l’affranchi, l’homme libre, celui qui a choisi de quitter le paradis égoïste pour marcher sur la terre. Musique, mon amour, je te retrouverai, mais je serai libre et nous danserons ensemble jusqu’à mes cendres.